C’est le kinésithérapeute, Christian DESMARTY qui a introduit la
Relaxation Japonaise en France dans les années 70.
Restée longtemps dans l’ombre, cette relaxation est sortie de l’oubli grâce
à Bernard Santerre qui l’a enseignée durant de nombreuses années auprès de ses élèves au sein de l’Institut
de Sophrologie de Rennes. Pour la première fois, une véritable formation aux vibrations Japonaises est mise en place, donnant ainsi une légitimité professionnelle
à cette méthode.
Aujourd’hui une Association Nationale des Praticiens en Vibrations Japonaises (ANPVJ) est née.
Sa dynamique est de réunir des praticiens lors de journées alliant pratique et échanges d’expériences professionnelle afin
d’entretenir un esprit et une qualité dans la pratique de cette technique issue du zen
Cet historique
est tiré d’un article que Christian Desmarty à publié dans la revue Kinésithérapie
Scientifique N° 275 en janvier 1989.
1976, Kobe à côté d’Osaka au Japon. Dans un monastère, seize
bonzes méditent en moyenne six heures et demi par jour. La discipline
est rude, lever à 3 h 45 du matin, coucher à 21 h 30. La journée est
entièrement consacrée à la méditation dont samu, travail qui se fait en
état méditatif qui peut être aussi bien la conception des repas que
l’entretien des jardins ou le nettoyage des bâtiments. La totalité des
activités se déroule dans un silence complet.
Deux moyens seulement de faire travailler ses cordes vocales : le
matin par le chant des sûtras et le soir, lors de l’entretien avec le
Maître. Le reste du temps se passe dans ce silence à la fois difficile et
merveilleux et les jours s’alignent dans ces dures conditions
disciplinaires. Il est bien évident que certaines tensions se créent
malgré toute la bonne volonté des membres présents. La parole étant
interdite, un seul moyen reste donc pour résoudre ces problèmes, c’est
une technique corporelle baptisée au Japon : l’échange ou
harmonisation des Ki.

Cette relaxation consiste dans une relation duelle à provoquer
certaines vibrations sur le corps de l’autre par un gestuel parfaitement
codifié, comportant 25 gestes en tout. Une approche corporelle alliant une excellente présence à l’autre d’une
part et des techniques vibratoires d’autre part, génèrent une détente
tant au niveau neuro-musculaire que psychologique.
Cette pratique est de transmission strictement orale. Les recherches
effectuées dans les différentes bibliothèques et universités au Japon,
n’ont pratiquement rien donné si ce n’est la découverte de certaines
techniques d’hygiène qui seraient en fait déduites de cette pratique.
Les premiers éléments trouvés l’ont été par les missionnaires portugais
au cours de leurs séjours au Japon sous le Shogunat des Tokugawa.
Il est utile également de se souvenir que cette pratique était
fréquente en Corée. Ce pays fut sous protection chinoise jusqu’en
1894 pour tomber en 1896 sous la domination des Russes et des
Japonais. Ces derniers effectuèrent alors une pression économique et
culturelle énorme jusqu’en 1930. Pendant cette période les Japonais
ont tenté d’imposer la culture nippone aux coréens.
Il est très vraisemblable que la pratique de la relaxation non verbale
a fait partie de cette osmose culturelle imposée. Dans quel sens s’est
faite cette transmission ? Les Japonais ont-ils porté à la quintessence
une technique venue d’ailleurs comme ils l’ont fait pour le zen ? Les
Coréens ont-ils banalisé un procédé dont ils n’auraient adapté à leur
tempérament que la facette pratique de ce rituel ?
L’amalgame entre la relaxation coréenne et la relaxation japonaise est fréquent alors que le deroulement
, les stimulations et la dynamique de la séance sont différents. La relaxation coréenne
se situe dans un cadre de soins traditionnels, de massages utilisés le plus souvent dans le milieu familial.
La relaxation japonaise se pratique dans un esprit de méditation à l’image de la cérémonie du thé.
Son caractère de rigueur, de beauté et de précision représente pour les japonais, un véritable rituel, un
Do.